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Introduction

La Confédération française démocratique du travail (CFDT) est une confédération interprofessionnelle de syndicats français de salariés, la première par le nombre d'adhérents (plus de 860 000), et la seconde par son audience électorale tant aux élections professionnelles qu'aux élections prud'homales.

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Histoire

La CFDT plonge ses racines dans le syndicalisme chrétien. Elle a été créée en 1919 sous le nom de Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

Après la Libération, une minorité de gauche, regroupée dans la tendance « reconstruction », anime un débat interne en faveur de la « déconfessionalisation » de la centrale. Sous la conduite d'Eugène Descamps, qui devient secrétaire général de la CFTC, elle devient majoritaire en 1961. La rupture se produit en 1964 : le congrès extraordinaire qui se tient au Palais des Sports les 6 et 7 novembre transforme la CFTC en CFDT. Une minorité (environ 10 % des effectifs), qui suit, notamment, Joseph Sauty, refonde aussitôt une « CFTC maintenue » dans une autre salle parisienne, le Musée social.

La CFDT déclare désormais placer son action dans le cadre de la lutte des classes. La CFDT se rapproche du socialisme et notamment du Parti socialiste unifié (PSU) mené par Michel Rocard. De 1966 à 1965, elle passe également des accords d'action avec la CGT.

En mai 1968, la CFDT appelle à l'action dans les entreprises. Ceci sera à l'origine de la création des sections syndicales d'entreprises lors des accords de Grenelle.

Au congrès de 1970, la CFDT adopte de nouveaux statuts. Elle prône l'autogestion des entreprises.

En 1971, Edmond Maire est élu secrétaire général. De nombreux militants cédétistes participent aux « Assises du socialisme » (1974) et rejoignent à cette occasion le Parti socialiste (PS) de François Mitterrand. Ils y animent une minorité de sensibilité « chrétienne de gauche » derrière Michel Rocard dans le cadre de ce qui a été baptisé la deuxième gauche. La CFDT collabore alors avec plusieurs associations de la société civile, dont le Gisti.

Cependant, la rupture de l'Union de la gauche (1977) et l'échec de celle-ci aux élections législatives de 1978 conduit la centrale d'Edmond Maire à un changement de stratégie. Elle s'éloigne de la CGT et entreprend un mouvement de « resyndicalisation » (ou de « recentrage sur l'action syndicale ») qui consiste notamment à prendre de la distance face aux partis politiques. Elle appelle pour la dernière fois à voter socialiste à la présidentielle de 1981. Si elle soutient le « tournant de la rigueur » de 1983, elle se définira ensuite par son autonomie, n'hésitant pas à soutenir des réformes menées par des gouvernements de droite lorsqu'elles lui paraissent justifiées. Une importante minorité conteste ce « recentrage ».

Au congrès de Strasbourg, qui se tient du 21 au , Jean Kaspar est élu secrétaire général. La fédération Sud-PTT naît le 16 décembre 1988 au terme d'un conflit politique au sein de la fédération des PTT à la suite duquel plusieurs responsables, principalement de la région parisienne, ont été démandatés lors des Conseils Nationaux Fédéraux de novembre et décembre 1988. Ces militants n'ont pas suivi le virage réformiste de la CFDT, venus souvent de l'extrême-gauche, ils se déclarent autogestionnaires et mettent l'accent sur une nouvelle forme de démocratie interne.

En 1992, Nicole Notat est élue secrétaire générale. Elle est la première femme à occuper un tel poste dans une confédération syndicale de salariés en France.

Lors des grèves de décembre 1995, elle soutient le projet de réforme de la Sécurité sociale du Premier Ministre RPR Alain Juppé. Devenu l'interlocuteur privilégié des employeurs et des gouvernements, la CFDT prend la présidence de la Caisse nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs salariés (CNAM) et de l'Unédic. Ces choix de la direction nationale, en rupture par rapport aux positions de la CFDT dans les années 1970, sont contestés par une minorité qui sera mise en échec au Congrès de Lille en 1998.

En 2002, François Chérèque, ancien secrétaire général de la fédération CFDT Santé-sociaux, est élu secrétaire général. Il est reconduit dans ses fonctions lors du congrès de Grenoble[4] du 12 au et du congrès de Tours le .

En 2003, au nom du « réformisme », la CFDT négocie aux côtés des autres centrales la réforme des retraites de 2003 qui sera mise en place par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Mais l'unité syndicale ne tient pas, et la centrale est seule, avec la CFE-CGC, à soutenir un projet de réforme contesté par les autres organisations qui considèrent cette réforme comme une régression sociale.

Cette prise de position a des conséquences internes pour la CFDT qui perd au moins 10 % de ses adhérents en trois ans. Selon la centrale elle-même, les effectifs passent de 889 000, fin 2002, à 807 000, fin 2005. Cette baisse des effectifs est due à un non renouvellement d'adhésions individuelles mais aussi au départ de plusieurs syndicats[5]. Le , sur son site internet, la CFDT reconnaît la perte de 71 124 adhérents pour les années 2003 et 2004, ce qui ramène ses effectifs de 889 160 fin 2002 à 818 036 fin 2004 (cette perte est en partie compensée par plus de 40 000 nouvelles adhésions cette même année).

En mars 2003, afin de développer sa présence sur les universités, la CFDT décide d'appuyer la création d'un syndicat étudiant issue d'une tendance de l'UNEF : la Confédération étudiante. Afin d'aider à son développement, les deux organisations s'associent ce qui assure à la Cé un important appui financier et logistique. Ce partenariat permet à la CFDT d'informer les étudiants salariés de leurs droits lors d'action sur les zones de travail estivales ou les campus.

À la suite du rejet du traité constitutionnel européen, la CFDT, qui a appelé à voter « oui », participe à la création du mouvement Sauvons l'Europe et y adhère en tant qu'organisation membre.

Selon un sondage Ifop-Ouest France Dimanche du 23 avril 2006, la CFDT est la confédération à laquelle les Français font le plus confiance (61 % contre 51 % pour la moyenne des syndicats). Cependant, elle arrive régulièrement en seconde position derrière la CGT lors des élections professionnelles. Elle recueille environ 25 % des voix (cf. plus bas).

En 2006, la CFDT dénonce le contrat première embauche (CPE) et rejoint les autres syndicats au sein des intersyndicales et des manifestations afin de demander le retrait de celui-ci.

Lors du congrès de Grenoble[4] de juin 2006, François Chérèque défend le bilan de ces quatre dernières années et critique ouvertement le gouvernement et le MEDEF. Les débats principaux concernent notamment le thème de l'insertion des jeunes dans le monde du travail, la sécurisation des parcours professionnels et la priorité à la construction d'une Europe sociale. Ce congrès est également marqué par une volonté de porter une attention privilégiée à l’adhérent et souligne la nécessité de « porter un regard lucide pour mieux travailler avec les jeunes pour leur avenir. » Il s'achève par un appel à construire l’avenir.

La CFDT fait partie des huit syndicats qui ont organisé en six mois huit grandes manifestations de rue lors des grèves contre la réforme française des retraites de 2010.

Le 11 Janvier 2013, la CFDT fait partie des 3 syndicats (avec la CFTC et la CFE-CGC) à avoir signé l'accord "sécurisation de l'emploi" avec le syndicat patronal "MEDEF" sous la médiation du gouvernement. Cet accord est vivement critiqué par la CGT et FO.

Les secrétaires généraux

Listes des secrétaires généraux CFDT :
1919-1948 Gaston Tessier
1948-1953 Maurice Bouladoux
1953-1961 Georges Levard
1961-1971 Eugène Descamps
1971-1988 Edmond Maire
1988-1992 Jean Kaspar
1992-2002 Nicole Notat
2002-2012 François Chérèque
2012- Laurent Berger

Les valeurs de la CFDT

Nuagestag 03

5 valeurs qui font de l’homme le véritable acteur de ses choix de vie, pour construire un monde plus équitable et durable avec la CFDT.

Émancipation
Inscrite dans nos statuts, l’émancipation, tant individuelle que collective, est pour nous un droit inaliénable.

  • Pour diriger sa vie.
  • Pour imposer le respect de la dignité et de la liberté dans l’entreprise et au sein de la société, et pour satisfaire les besoins de chacun, matériels et intellectuels, dans sa vie professionnelle et personnelle. 

Démocratie
Une valeur qui est l’identité même de la CFDT, elle se trouve d’ailleurs au cœur de notre sigle.

  • Pour s’exprimer librement et participer à la prise de décision.
  • Pour être acteur de l’amélioration de ses conditions de travail et de vie, au delà de toute différence d’origine, de nationalité, de confession religieuse et d’opinion. 

Indépendance
La CFDT estime indispensable de distinguer ses responsabilités de celles de l’État, des partis politiques et des confessions religieuses.

  • Pour conserver son autonomie et son sens critique.
  • Pour impulser ou infléchir les décisions gouvernementales. 

Autonomie
L’indépendance de pensée et d’action ne peut se concevoir si la CFDT est tributaire de ressources externes.

  • Pour garantir son indépendance financière et lui donner les moyens de son autonomie, la CFDT s’appuie sur un syndicalisme d’adhérents.

Solidarité
Être solidaire, c’est faire le choix de l’entraide pour défendre les droits de tous.

  • Pour défendre les droits au sein de l’entreprise, mais aussi entre les salariés et les chômeurs, entre les générations, et plus largement entre les peuples.
  • Pour lutter contre toute forme d’exclusion, d’inégalité et de discrimination.

Date de dernière mise à jour : 15/05/2014